2025 : l’hémorragie silencieuse des petites entreprises – l’urgence est là

2025 : l’hémorragie silencieuse des petites entreprises – l’urgence est là

8 janvier 2026 5 min de lecture

2025 : l’hémorragie silencieuse des petites entreprises – l’urgence est là En 2025, la France n’a pas seulement connu une hausse des faillites : elle a vécu une vague massive de sorties d’entreprises , souvent sans procédure collective , donc peu visibles médiatiquement …...

2025 : l’hémorragie silencieuse des petites entreprises – l’urgence est là

En 2025, la France n’a pas seulement connu une hausse des faillites : elle a vécu une vague massive de sorties d’entreprises , souvent sans procédure collective , donc peu visibles médiatiquement … mais ravageuses sur le terrain. Les TPE paient le prix fort.

1) Les chiffres 2025 qui doivent alerter

Radiations (sorties du RCS) : un choc

457 459 entreprises radiées en 2025 ( +51,5% vs 2024).

634 681 immatriculations en 2025 ( +9,9% ), soit une dynamique de création 5 fois moins rapide que celle des radiations.

C’est une dégradation nette du “solde” entrepreneurial : on crée encore, mais on ferme beaucoup plus vite et beaucoup plus fort.

Défaillances : près de 70 000 procédures, dont ~47 000 liquidations

69 957 défaillances en 2025 (sauvegardes + redressements + liquidations).

Détail : 47 078 liquidations judiciaires , 21 336 redressements , 1 543 sauvegardes .

Le fameux chiffre “~70 000” concerne toutes les défaillances , pas seulement les liquidations.

Le fait le plus inquiétant : la “sortie hors procédure collective”

Parmi les radiations 2025 :

40% radiations volontaires

18,3% radiations d’office

31% radiations suite à procédure collective

Conclusion CNTPE : une grande partie des fermetures n’apparaît pas dans les statistiques de faillites . C’est la “casse invisible” : cessation d’activité, épuisement, défaut de trésorerie, renoncement, radiations d’office…

2) Ce que ça signifie, très concrètement, pour le pays

Des TPE qui disparaissent , ce sont : des emplois locaux, de l’apprentissage, de la sous-traitance, des services de proximité, des centres-villes, des territoires.

Une fermeture “hors procédure” veut souvent dire : pas d’accompagnement, pas d’anticipation, pas de seconde chance structurée — juste l’arrêt.

Les radiations d’office en forte hausse sont aussi un signal de fragilité administrative/financière : des entreprises “sortent” parce qu’elles ne tiennent plus le rythme (formalités, charges, déclarations, trésorerie).

3) Pourquoi c’est une urgence (et pas un simple “cycle économique”)

L’ampleur : +51,5% de radiations en un an, c’est un changement d’échelle.

L’invisibilité : la crise ne se lit pas uniquement dans les tribunaux ; elle se voit dans les radiations hors procédure collective .

Le risque 2026 : Infogreffe souligne que le niveau élevé de procédures collectives en 2025 peut entretenir un volume important de radiations ensuite.

4) Ce que demande la CNTPE : un plan d’urgence “TPE d’abord”

Mesures immédiates (90 jours)

Trésorerie / charges : dispositifs de lissage (URSSAF/fisc) réellement accessibles et rapides pour TPE, avec critères simples.

Délais de paiement : tolérance zéro sur les retards (privé et public) + mécanismes automatiques de pénalités effectives.

Accès au financement court terme : renforcement des garanties et outils de préfinancement pour TPE (BFR), avec circuits courts de décision.

Mesures structurelles (2026)

Choc de simplification : stop à l’empilement normatif ; évaluation TPE obligatoire de toute nouvelle contrainte.

Prévention avant tribunal : rendre les procédures amiables et l’accompagnement “anti-chute” réellement massifs (repérage, médiation, restructuration légère).

Indicateur public “sorties hors procédure” : piloter aussi la crise par les radiations , pas seulement par les faillites.